Un conte de Noël

Ce film me rend malade. J’en suis autant surpris que troublé. Je me dis qu’il y a forcément en lui quelque chose de fort, radical, subversif, pour que je réagisse aussi mal. Mais je ne le vois pas, et j’en sors diminué, mal, fatigué.

Un rythme insoutenable, faits de saccades, de coupes sèches, et d’accélérations brusques. Une narration contrariée, et en même temps augmentée par une tonne de tricks un peu maniérés. Une mise en scène poussive, ce qu’on trouvait déjà chez Roi et Reine mais de façon atténuée, tolérable, l’acteur/performeur qui fait son show. Almaric me fatigue, mais il n’y peut rien.

Tout cela me chagrine, je vois toujours ces adresses à la caméra (pas au spectateur), ces lettres dites plein cadre, tout cela dans “Comment je me suis disputé…” me touchait sincèrement. J’y décèle la boursouflure d’un film comme “Les deux Anglaises et le continent”, et cela m’attriste. Quelque chose s’est perdu, avec l’âge. Quelque chose s’est corrompu.

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4 réponses pour “Un conte de Noël”

  1. Joachim dit :

    C’est entre autres qui traite la maladie avec désinvolture. Peut-être cela rejaillit-il sur certains spectateurs.

  2. matthieu dit :

    Cela n’a pas rejailli sur toi ? Tu ne trouves pas ce film un peu corrompu, ou malade ?

  3. Joachim dit :

    Malade, pas vraiment. Tous les films de Desplechin me paraissent jouer sur le trop-plein, la bifurcation incessante de ton, de style et de sens, ce qui peut procurer des secousses, mais maintenant, on commence quand même par être habitué. “Esther Kahn” est peut-être une exception (plus simple, plus linéaire, plus direct), mais j’ai remarqué qu’il s’agit là en général du film plutôt apprécié par ses habituels détracteurs. Pour le coup, son “film en costumes” porte réellement l’empreinte des “Deux Anglaises” comme “Lady Chatterley” d’ailleurs.

  4. Matthieu dit :

    Oui, il y avait un peu de malaise dans “Comment je me suis disputé”, le thésard qui ne voit pas le bout de son livre, les amours déchirées, la folle dingue insupportable..mais il y avait aussi une grande tendresse, des temps vides pleins de poésie (lorsque Emmanuelle Devos se lève un matin, dans son petit studio, c’est merveilleux), des moments simples, presque nus (le nez à nez dans la piscine, entre Amalric et Denicourt). Bref, quelque chose d’élémentaire, de dur comme la pierre, que je ne trouve nulle part dans “Conte de noël”.

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