Les détails qui échappent

Dans Un baiser s’il vous plait, Virginie Ledoyen revient sur la passion de Claudio pour Schubert : “il s’intéresse de tout ce qui touche à Schubert”.
C’est la seule faute de langue de tout le film. L’erreur est d’autant plus gênante que les dialogues par ailleurs sont impeccables. Sans doute Mouret s’est-il dit “tant pis tant pis, c’est bon, on la garde”. A moins que le monteur n’ait été contraint de conserver cette prise, les autres étant inutilisables.
Dans son précédent film, c’est un autre détail qu’Emmanuel Mouret avait laissé passé : le string de Julia. Une ficelle qui tranchait franchement avec le costume de cette petite bourgeoise.
Si la gaucherie est bien la ficelle la plus efficace chez Mouret, certains détails trahissent une gaucherie moins contrôlée, qui dérange l’univers feutré et si lisse de ces contes bon enfant.

Le 9/01/2008 à 20:12
Dans “Changement d’adresse”, il y avait aussi les reflets de la caméra et de la perche dans les chromes du cor. Mais précisément, la gaucherie étant le motif de Mouret, le spectateur peut se délecter de ce genre de détail. De la même manière que la phobie de la nudité dans “Vénus et Fleur” servait paradoxalement une sensualité timide.