Le rêve de Cassandre

Un film sec, plaqué, jubilatoire comme d’habitude du côté du jeu et des situations, mais plus implacable encore que d’habitude, sans air ni nuances.
Certes ici la tragédie est fondée sur la comédie, comme souvent chez Allen. C’est par là qu’il rejoint son maître Fellini. Mais cette recette doit être préparée avec soin, délicatement et sans hâte.
On pourrait mettre ça sur le dos du planning de production et pointer du doigt la manie qu’a l’artiste de torcher un film par an. On aurait pas tort. A vouloir emballer et peser tous ses films, tout en lorgnant sans cesse davantage du côté du tragique, il leur donne un caractère forcé, presque ulcéré, qui fait qu’on se sent mal.
Peut-être Allen doit-il régler un problème de fond avec Hitchcock et s’en démarquer un peu plus. Car c’est bien son ombre qui plane sur ce cinéma malade, et l’asphyxie dans une certaine mesure.
A partir du milieu du film, j’ai commencé à avoir soif. Et cette soif ne trompe pas.

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