Isou ? Quelle rupture ?

S’il faut dire quelques mots à propos de Isou, cela concernerait non pas son oeuvre, ni même son héritage, mais la place bien particulière qu’occupait chez lui l’idée de révolution, de nouveauté et de rupture. Cette volonté inébranlable qu’il avait de tout réinventer, avec en ligne de mire le projet utopique que tout, in fine, prenne sens dans un monde rénové et non moins imaginaire.

Une expérience pour moi résume le statut de cette rupture à la sauce lettriste. Le traité de bave et d’éternité est irregardable. Il est bavard et prétentieux, daté voire périmé. Est-ce à dire qu’il a tellement bien fait son oeuvre sur les générations suivantes que celles-ci l’ont dépassé. Ou simplement que le discours de rupture qu’elle tient est plat et stérile ? En découvrant In Girum imus nocte et consumimur igni, j’ai vu un grand panneau noir, plein de refus et de silence. J’y ai vu un retour à zéro et pour moi d’immenses promesses (voir Debord, un cinéma désossé). Cela m’a fait l’effet d’une révélation. Ce fut, du point de vue de mon expérience intime, une sorte de rupture.
L’un démontre, l’autre montre.

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