Bruno S.

J’ai revu récemment l’Enigme de Kaspar Hauser et La ballade de Bruno. Je ne peux m’empêcher d’être frappé par son regard tantôt stupéfait, tantôt émerveillé. Bruno est dans un état de sidération perpétuelle, ouvert sur le monde, à la merci des autres. Une mauvaise étoile plane au dessus de lui, qui le condamne chaque fois à l’errance et la disparition. Bruno, toujours, est contraint de recommencer. Il est lui-même un recommencement, chaque nouveau jour au monde comme pour la première fois. Il est rare de voir dans un film un protgoniste à ce point passif, dénué de jugement, et incapable d’actes. Son absence, sa poésie condamnent ce qui l’entoure, qui en retour l’ignore et le détruit.

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