Adoration, d’Atom Egoyan

Ce film au début surprend. On ne sait tout-à-fait à quel degré le prendre, on s’accroche pour suivre le fil, histoire de ne pas trop se perdre. Les dialogues défilent, on tient toujours et on commence à comprendre. Puis on se demande si on doit y croire, prendre au sérieux ce qui est dit et montré : les considérations sur la filiation, le discours sur le terrorisme, des images éclatées d’ordinateurs et de portables, etc. Tout est projeté au visage en même temps, sans retenue. Comme si Egoyan avait voulu assommer le spectateur, lui asséner des images, des opinions censées refléter un prétendu état du monde. On le sent complètement dépassé, incapable de manier autant de signes et d’idées d’un coup et finalement pris au piège de son ambition démesurée. Ces dialogues qui se superposent et s’accumulent, ces images constamment soulignées qui se surajoutent les unes aux autres, tout cela donne l’impression qu’Egoyan, pour mieux bluffer son monde, a chargé la mule. En revenant sur les notions d’identités, de chocs de cultures et de terrorisme, il fait mine d’illustrer le grand chaos de l’occident. Mieux, il l’incarne au moyen d’un fils hanté par la figure du père (ange ou démon ?!). Bref, toujours ces questions d’héritage, mais posées sans subtilité aucune, avec des gros plans, des amas d’images qui sont des non-images. Egoyan navigue entre des images sur-signifiées et des images insignifiantes. C’est à cet endroit je pense que le bas blesse le plus. Il veut pointer des symptômes, mais c’est bien son film qui in fine constitue un symptôme de plus.

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